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Danse macabre
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Danse macabre

 

L'anthropologie médiévale , Mythes et legendes des sagas , Les templiers ... La danse macabre, ou danse de la Mort, origine probablement de la France; on considère la danse macabre du cimetière des Innocents de Paris, peinte en 1424, comme le point de départ de cette tradition. Aujourd'hui détruite, elle nous est parvenue par un livre de l'éditeur Guyot Marchand, publié en 1485. Ensuite vinrent, entre autres, les fresques de Londres (vers 1430), de Bâle (une première vers 1440 et une seconde vers 1480), de La Chaise-Dieu (vers 1460-70), de Lübeck (1463). Pendant la deuxième moitié du 15e siècle, les danses macabres jouirent d'une popularité sans cesse grandissante. Vous pouvez admirer présentement plusieurs danses macabres sur ce site. Généralement, les danses macabres sont peintes (ou plus rarement sculptées) sur les murs extérieurs des cloîtres, des charniers, des ossuaires ou à l'intérieur de certaines églises. Sur ces fresques, un cadavre décharné ou un squelette est couplé avec un représentant d'une certaine classe sociale. Le nombre des personnages et la composition de la danse dépendent du lieu de création. La danse macabre prend le plus souvent la forme d'une farandole. En-dessous ou au-dessus de l'illustration sont peints des vers par lesquels s'adresse la Mort à sa victime, souvent d'un ton menaçant et accusateur, parfois sarcastique et empreint de cynisme. Puis suit la supplique de l'Homme, plein de remords et de désespoir, mendiant la pitié. Mais la Mort entraîne tout le monde dans la danse: de l'ensemble de l'hiérarchie cléricale comme le pape, les cardinaux, évêques, abbés, chanoines, prêtres, en passant par les représentants du monde laïque, les empereurs, rois, ducs, comtes, chevaliers, médecins, marchands, usuriers, voleurs, paysans et jusqu'à l'enfant innocent. La Mort ne regarde ni le rang, ni les richesses, ni le sexe, ni l'âge de ceux qu'elle fait entrer dans sa danse. Elle est souvent représentée avec un instrument de musique. Cette caractéristique appartient au riche répertoire de la symbolique de la Mort et apparaît dès les débuts de la danse macabre. L'instrument évoque le côté séducteur, attirant, un peu diabolique du pouvoir d'enchantement de la musique. Pensons au chant des sirènes, au joueur de fifre de Hameln, etc. Comme eux, la Mort charme les Hommes avec sa musique.

 

 

                                    





Avant la création de la danse macabre, il existait les Vado Mori (je me prépare a mourir): poème en latin d'origine française dont les plus anciens remontent au 13e siècle. Dans ces écrits, des représentants de classes sociales variées se plaignent, généralement en deux vers, du fait qu'ils vont mourir sous peu. Dans les plus vieux textes du genre, on retrouvait un prologue soulignant le caractère inévitable de la mort et, suivant ce prologue, les couplets de onze mourants (le roi, le pape, l'évêque, le chevalier, le physicien, le logicien, le jeune, le vieux, le riche, le pauvre et le fou). Dans les versions subséquentes, le prologue est aboli et il y a une augmentation significative du nombre de personnages. Les Vado Mori et les danses macabres partagent donc quelques points en commun: la complainte des mourants, une division des personnages en classes sociales et une séparation entre les laïcs et les clercs. Toutefois, la Mort est absente et personne ne réplique aux complaintes des mourants. On ne doit pas considérer les Vado Mori comme un ancêtre direct de la danse macabre, ni Le dit des trois vifs et des trois morts, ni les superstitions médiévales, et ni non plus les mystères, pièces de théâtre à sujet religieux jouées au Moyen-Âge. L'origine des danses macabres fait toujours l'objet de multiples théories. Une chose est sûre: le terme «danse macabre» était connu bien avant 1424 (c'est-à-dire avant la création de celle de Paris). Dans un poème de Jean Lefèvre, intitulé Le Respit de la mort, il est écrit: Je fis de Macabre la danse, Qui tout gent maine à sa trace E a la fosse les adresse. Encore une fois, de multiples interprétations sont possibles; mais il est raisonnable de penser que ce poète venait d'échapper à la mort. On croit que l'auteur aurait écrit ce poème au sortir d'une grave maladie. Au Moyen-Âge, la danse macabre était conçue comme un avertissement pour les puissants et une source de réconfort pour les pauvres, un appel à tous pour une vie responsable et pieuse. Mais son motif de base est plus simple, plus intemporel: celui du caractère éphémère de la vie. Elle rappelle aux Hommes qu'ils sont tous destinés à mourir, sans exception. Rien d'étonnant à ce que tous les siècles depuis le Moyen-Âge aient eu leurs danses macabres. Les danses macabres ne sont pas toujours associées à des fresques peintes ou encore des sculptures. Au 15e siècle les Espagnols ont composé des poèmes sur le thème de la danse macabre. Le plus célèbre est: La Dança generale de la Muerte, un huitain sous forme de dialogue entre la Mort et 33 personnages. La principale différence entre les danses macabres espagnoles et celles des autres pays est qu'il n'existe pas de représentations peintes de ces poèmes. Le poète Charles Baudelaire a aussi composé un poème intitulé "la danse macabre". Toutefois il est difficile de l'associer avec le thème véritable du genre, puisqu'il n'y a aucun dialogue entre la Mort et les vivants. Il s'agit davantage d'une description de l'entité qu'est la Mort. Le compositeur autrichien Frank Listz a aussi composé en 1849 une suite musicale intitulée "Totentanz". C'est une suite de variations libre sur le thème du Dias irae. En 1886, le pianiste et organiste français Camille Saint-Saëns a aussi composé un poème symphonique portant pour titre: la danse macabre.

 

 Les quatre Chevaliers de l'Apocalypse. Exécutée en 1498, cette célèbre gravure sur bois d'Albrecht Dürer est la quatrième d'une série de quinze illustrant les révélations de St-Jean, qui prophétisait la fin du monde. L'ensemble a pour titre: l'Apocalypse. Dans les Quatre Chevaliers de l'Apocalypse, les cavaliers représentent, de gauche à droite: la Mort, la Famine, la Discorde (parfois interprétée comme la Pestilence) et la Guerre. Sous le regard d'un ange, les trois derniers écrasent hommes et femmes de diverses classes sociales avec leurs puissantes montures, alors que la Mort sous les traits d'un vieille homme rachitique sur son cheval squelettique projette un évêque dans la bouche d'un dragon sorti des entrailles de la Terre. Nous ne sommes pas devant une scène de bataille, mais devant une destruction furieuse et impitoyable. Une caractéristique inhabituelle des gravures de l'Apocalypse est l'absence de texte dans les illustrations, ce qui conserve la puissance expressive de l'oeuvre (le texte étant imprimé au verso). L'Apocalypse a été publiée par Dürer sans l'aide d'un mécène. Il a conçu, gravé et édité lui-même cet ouvrage paru en deux versions simultanées, une en allemand, l'autre en latin. Il s'agissait d'une première à l'époque.

 

 

La Mort noire. En France, on retrouve dans la petite ville de Lavaudieu une fresque aussi étrange qu'exceptionnelle. Un des murs de l'église St-André est ornée d'une oeuvre datant de 1355, intitulée La Mort noire. Dans cette fresque, la Mort est une personnification de la peste et - chose rare dans l'art macabre - elle est représentée sous les traits d'une femme. Autre caractère particulier, la Mort n'est pas un cadavre en décomposition, ni un squelette, mais un corps sain d'apparence. Elle est armée de plusieurs flèches qu'elle tient de ses deux mains, mais on ne remarque pas la présence d'un arc. Malgré cela, plusieurs personnes gisent à ses pieds, chacune atteinte d'une flèche. Cette arme est souvent associée avec la peste dans l'iconographie chrétienne. Remarquez que les flèches ont frappé les personnages à l'endroit où les bubons apposent leur marque (cou, aisselle, aine, etc). On représentait également ainsi le corps de Saint-Sébastien; ce dernier fut d'ailleurs consacré protecteur de la peste à l'époque médiévale. Il est difficile d'identifier avec précision les personnages de cette fresque. Toutefois, on peut penser que diverses classes sociales sont peintes: ecclésiastiques et laïques, riches et pauvres, hommes et femmes. Cette fresque de Lavaudieu est un exemple unique dans l'art macabre - ce qui n'empêche pas de faire certains rapprochements. La Mort noire ressemble à d'autres thèmes plus connus comme la danse macabre ou le triomphe de la Mort. Dans tous les cas, on retrouve dans une même oeuvre divers groupes sociaux et le même enseignement: la peste, et par conséquent la mort, peut atteindre tous les gens quelle que soit leur condition sociale.

La mort de l'avare. Ce tableau de Hieronymus Bosch date de 1490. On y voit d'abord un homme sur son lit de mort. L'ange à sa droite tente d'attirer son attention vers le crucifix, situé en travers de la fenêtre, illuminé d'une lumière divine. Mais l'homme est plus attiré par une bourse que lui tend un démon. Même à quelques instants de son trépas, il persiste à rester attaché à ses possessions matérielles... La Mort a déjà pénétré dans la pièce mais le mourant ne réalise pas encore qu'il en va de sa rédemtion ou de sa damnation. D'autres créatures, venues des Enfers pour tenter l'avare, se tiennent dans son coffre, entourent ses vêtements et ses armes, le conjurant de ne pas quitter ses possessions terrestres; car une âme qui est prête à les sacrifier est une âme sauvée. La Mort est représentée de façon traditionnelle et porte une flèche à la main, ce qui montre qu'elle s'apprête à prendre une vie. Le vieil homme au pied du lit est vraisemblablement un double du mourant, qui continue de remplir son coffre de biens précieux. Ce tableau est inspiré d'un livre de prière du 15e siècle intitulé: Ars Moriendi (L'art de mourir). Ce manuel était un guide pratique sur la façon de mourir. Il comprenait onze scènes: les cinq premières étaient les tentations du démon, invitant le mourant à l'impiété, au désespoir, à l'impatience, à la vanité et à l'avarice. Les cinq suivantes étaient les inspirations de l'ange: la foi, l'espoir, la patience l'humilité et la générosité. Dans la dernière scène l'ange reconduisait l'âme au ciel, alors qu'en Enfer les hurlements de rage des démons se faisaient entendre. Dans cette oeuvre de Bosch, par contre, l'issue du combat demeure incertaine.

 

Le nom original de cette oeuvre est Der Doten dantz mit figuren.Cette danse macabre débute avec quatre cadavres jouant de la musique, accompagnés de trois autres dansant devant une maison.