Napoléon III
LE STYLE NAPOLEON III
Le style Napoleon III, si délaissé durant de nombreuses années, a fait un retour en force sur le marché des antiquités depuis 1980.
Ce style fait avant tout référence aux meubles garnis de bronze ou de laiton rappelant celui de Boulle en vogue entre 1690 et 1730.

Napoléon III était synonyme de mièvrerie du fait de nombre de pamphlets diffusés par ses détracteurs dont Victor Hugo. Mais en fait, l’Empereur était un homme de la modernité qui mit la France sur les rails du XXe siècle avant l’heure.
Ce fut lui qui permit l’embellissement de Paris, le percement du canal de Suez, l’instauration du libre-échange et la mise en place d’un système financier d’avant-garde.

Napoléon III n’imposa pas de style précis comme ce fut le cas avec le néoclassicisme mis à l’honneur par Napoléon 1er mais favorisa par contre un éclectisme de bon aloi avec un savant mélange de genres tourné vers l’ornement avec une prédominance du noir et des ors, des marqueteries de nacre ou de laiton et de cuivre.

Le style Napoléon III évoque Dumas, Balzac, Stendhal, George Sand ou Flaubert avec des meubles, des tentures et des damas qui respirent l’opulence. On pense au confort bourgeois avec des canapés bien rembourrés, des murs habillés de velours ou de tissus, des plafonds stuqués et des tableaux qui mettent à l’honneur Delacroix, Chasseriau, Ingres ou Corot. On y trouve aussi des copies de meubles Louis XV, des meubles en bois noir rehaussés d’or, de grands lustres de cristal, des floraisons de bibelots et d’opalines avec un extraordinaire mélange de genres.

L’époque Napoléon III remit à l’honneur aussi bien le Moyen Age, la Renaissance ou les styles de l’antiquité, de la Chine ou le Louis XIV ou Louis XV ainsi que l’art islamique. Le style Napoléon III s’est voulu avant tout universel, à l’image des grandes expositions internationales organisées sous le règne de l’Empereur. Toutefois, on peut aisément reconnaître les meubles de ce style.

Ainsi les meubles dits de Boulle ne sont que des copies des pièces extraordinaires produites durant le dernier tiers du règne de Louis XIV avec des bronzes surchargés, de la fausse écaille et des bâtis en poirier noirci imitant l’ébène. A partir de 1850, on était entré en fait dans l’ère de l’industrialisation et de la grande production où les formes furent plus lourdes, plus variées et moins expressives. On réinventa aussi certains fauteuils et canapés pour les rendre plus fonctionnels comme ces poufs, ces sièges «Confident» à deux places dos à dos, ces canapés circulaires quon retrouve dans les maisons closes peintes par Toulouse-Lautrec, ces armoires géantes, ces grands lits aux bois outrageusement sculptés, ces guéridons en papier mâché.

Les meubles industriels ont été fabriqués à la pelle et se trouvent sur le marché à des prix abordables. Par contre, les meubles qualité et les copies exceptionnelles des chefs d'oeuvre des ébénistes du XVIIIe siècle valent de plus en plus cher et s’arrachent aux Etats-Unis,en Italie, en Suisse et au Moyen-Orient. Très réussis, comme les meubles de Sormani, Beurdeley ou de Krieger, ils s’affirment comme de bons placements.

Il ne faut pas non plus oublier que les plus beaux bronzes animaliers de Barye, Frémiet, Fratin et autres ont été réalisés durant le Second Empire et que leur cote est sans cesse en progression.
Le Napoléon III, qui fit sortir tant de styles de l’oubli, fit la richesse du faubourg Saint-Antoine où tant d’artisans mirent leur talent au service d’une clientèle sans cesse plus nombreuse. Aujourd’hui, il fait la joie de collectionneurs avertis qui savent combiner confort et qualité.

