Le monstre
"– Maman !"
La porte de la chambre s’entrouvre, laissant filtrer une douce lumière venue du corridor. Des bras affectueux et réconfortants se tendent.
"– Ça va, maman est là. Tu as fait un mauvais rêve, ma puce ?
– Un monstre… dans mon placard…" répond la fillette en pleurs.
"– Shhhh, tout va bien. Il n’y a pas de monstre dans ton placard, tu te souviens ? Nous avons vérifié, ce soir, après ton bain."
La légère chemise de nuit de coton est mouillée de larmes. Des hoquets interrompent les sanglots.
"– Est-ce qu’on peut voir encore ?"
La porte du placard est ouverte. Un doigt sur l’interrupteur : lumière. Des vêtements, des poupées, des jouets, des souliers. Pas de monstre.
"– Tu vois, mon trésor ? Pas de monstre dans le placard."
La chambre serait replongée dans l’obscurité sans la douce lumière venant du corridor.
"– Il avait pourtant l’air si réel…"
Des bras affectueux et réconfortants se tendent encore, cette fois pour tenir et bercer.
"– Je sais, mon bébé, je sais. Maman est ici. Tu es en sécurité, maintenant."
Une main essuie les larmes sur la joue, s’insinue entre les cuisses potelées et vient caresser la menue fente enfantine.
Les monstres ne se cachent pas tous dans le placard.
AA

